Accompagnement pour les soins dentaires – Apajh du Tarn/CHIC

» Partage d’expériences du réseau APAJH

Virginie Tournier a l’accent du Tarn, où elle travaille au sein de l’APAJH81. Elle est la cheffe de service de l’IME et de l’Unité d’Enseignement Maternelle Autisme (UEMA), au sein du pôle Enfance Scolarité et Expertise Autisme de Castres. Depuis 2015, le pôle a noué un partenariat privilégié avec le Centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet (CHIC), afin d’améliorer l’accès aux soins pour les personnes en situation de handicap. « Avant, il n’y avait aucune coordination, explique Virginie Tournier. Cela reposait sur la bonne volonté des professionnels de santé. » Un travail de sensibilisation et de formation de l’APAJH 81 auprès des personnels soignants (représentations autour du handicap, droit, etc.) a permis de lever les blocages. Trois services dédiés aux soins complexes en odontologie, gynécologie et ophtalmologie ont été créés. « La désignation au sein de l’établissement hospitalier d’une référente parcours de soins complexes handicaps aide à la facilitation de cet accès aux soins (contacts avec les professionnels de santé, aménagement des locaux, etc.), poursuit Virginie Tournier. Au départ, il y a eu une volonté des deux parties de mieux se connaître et de mettre à profit leur complémentarité. »

La mise en place de périodes d’immersion a également contribué à mieux appréhender les pratiques, les besoins et les difficultés des uns et des autres. « Au final, en osant la créativité, on voit que ça fonctionne », se réjouit notre interlocutrice. Même le discours des familles a évolué, particulièrement ce qui concerne les soins bucco-dentaires : « Avec la mise en place de consultations dédiées, les pratiques ont changé : chaque patient bénéficie d’un accompagnement spécifique, avec autant de consultations blanches que nécessaire et des soins ajustés – debout, assis, etc. Les familles se rendent compte que ces soins, longtemps refusés ou qualifiés d’impossibles, sont désormais faisables, et même sans anesthésie générale. Résultat, les délais pour obtenir un rendez-vous se sont allongés ». Quoi qu’il en soit, pour les personnes avec un trouble du spectre de l’autisme, ce service dédié représente une source de mieux-être incontestable. « Les actions de prévention sont d’autant plus importantes que beaucoup de ces patients ne peuvent pas exprimer leur souffrance », rappelle Virginie Tournier qui regrette que ce type d’expérimentation reste bien trop rare.

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