Le 19 février 2026, une étape cruciale a été franchie pour l’égalité face aux soins en France. Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut national du cancer (INCa), a présenté devant le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) le programme d’actions « Handicap et cancers ».
L’objectif est clair : mettre fin aux inégalités de traitement et aux pertes de chance qui touchent encore trop souvent les patients en situation de handicap.
Un constat alarmant malgré le cadre légal
Bien que la loi du 11 février 2005 prône l’égalité des droits et des chances, la réalité du terrain est plus complexe. En France, 12 millions de personnes vivent avec un handicap, et leur parcours en cancérologie est semé d’embûches.
Ces patients font face à des obstacles persistants dans toutes les étapes de la maladie :
- La prévention : Un accès limité aux informations sur le tabac, l’alcool ou l’activité physique.
- Le dépistage : Des retards de diagnostic souvent liés à l’inadaptation des infrastructures ou des discours.
- L’accès aux soins : Des difficultés pour accéder aux traitements innovants.
Le chiffre clé : Moins d’une femme sur trois bénéficiaire de l’AAH participe au dépistage du cancer du sein, contre une sur deux dans la population générale.
Le programme « Handicap et cancers » : Une priorité nationale
Pour corriger ces disparités, les personnes en situation de handicap sont désormais identifiées comme l’un des cinq publics prioritaires de la feuille de route 2026-2030 de la Stratégie nationale de lutte contre les cancers.
Une élaboration collaborative
Ce nouveau programme n’a pas été conçu en vase clos. Il résulte d’une concertation étroite entre :
- Le CNCPH et les associations de personnes concernées.
- Les professionnels du secteur sanitaire et médico-social.
- Les partenaires institutionnels.
Les axes d’intervention
L’initiative vise à réduire concrètement la « perte de chance » — ces retards ou obstacles qui aggravent le pronostic vital. En améliorant la prévention primaire et en facilitant l’accès aux dépistages organisés, l’INCa souhaite offrir un parcours de santé plus fluide et plus juste.
Le lancement de ce programme marque une volonté politique forte de ne plus laisser le handicap être un frein à la guérison. L’équité face à l’innovation médicale et à la prévention devient, plus que jamais, une priorité de santé publique pour les années à venir.